05 mars 2016

SADMAD - Système alimentaire durable et lutte contre la malnutrition : Dakar contre la vulnérabilité alimentaire Featured

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Le paradoxe de la région périurbaine de Dakar est qu’elle voit son urbanisation se développer rapidement, mais qu’elle reste une des zones de production agricole majeure du Sénégal. Fort de ce constat, le projet Sadmad, présenté hier, veut renforcer le système alimentaire local et lutter contre la malnutrition dans la région de Dakar.

«Comment se nourrit-on actuellement ? Ce système que nous avons est-il viable ? Comment va-t-on continuer à se nourrir ? Est-ce que la solution est d’avoir des grandes surfaces de nos capitales ou est-ce qu’il faut valoriser les productions locales ?» Tant de questions posées par Demba Sow, le coordinateur du pôle Sahel au Groupe de recherche et de réalisation pour le développement rural (Grdr), lors de l’atelier de lancement du programme Sad­mad (Système alimentaire durable et lutte contre la malnutrition à Dakar). Le but de l’atelier et du programme est de rassurer sur l’avenir de la question nutritionnelle au Sénégal, et plus particulièrement dans la région de Dakar. En termes techniques, l’objectif de ce projet «est de renforcer la résilience des populations en situation de vulnérabilité alimentaire dans la zone périurbaine de Dakar par la mise en place de systèmes alimentaires durables et la promotion de produits locaux», selon le représentant de l’Union européenne, Patrick Reboud. Cette dernière participe au projet à hauteur de 270 millions de F Cfa.
Dans le détail, les trois ans que couvre ce programme devraient voir la situation alimentaire des enfants des quartiers et écoles défavorisés, s’améliorer. Dans le double but de soutenir l’agriculture urbaine locale et d’assainir l’alimentation des écoliers, quatre cantines scolaires de la banlieue de Dakar seront pprovisionnées par des producteurs locaux. «Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes alimentaires qui valorisent le potentiel agricole local, les circuits courts, et
permettent de nourrir les populations de manière saine et urbaine», résume, Vincent Martin, représentant de la Fao au Sénégal. Dans le cadre de l’éducation nutritionnelle, il s’agit aussi d’initier les enfants et leurs parents au micro-jardinage, c’est-à-dire le jardinage sur des petites tables qui peut permettre aux ménages d’être auto-suffisants, mais aussi de vendre leur surplus de production.
Les produits locaux demandent aussi à être valorisés, il faut donc sensibiliser les populations à la valeur d’aliments comme le jujube ou la patate douce, trop sous-estimés alors qu’ils possèdent une haute valeur nutritive. Amadou Kanouté, le directeur exécutif de Cicodev Africa, partenaire du projet, explique que des tests seront réalisés pour prouver que les produits locaux valent mieux que ceux issus de l’importation. Enfin, le quatrième enjeu est de «promouvoir les exploitations familiales dans la région de Dakar», conclut M. Kanouté. C’est la zone de Niayes qui est visée ici. Le programme est mené de concert avec le département du Rufisque, qui «est l’exemple type du trait d’union entre milieu rural et milieu urbain», explique Vincent Mar­tin. Le rôle des élus dans la sécurisation foncière des terrains familiaux est majeur, il s’agit donc de les sensibiliser.
La durabilité du projet a aussi été un thème récurrent chez tous les intervenants. En effet, les actions dépassent l’horizon des trois ans. Il s’agit de renforcer la sécurité alimentaire sur le long terme et même d’exporter le programme à d’autres collectivités territoriales. L’importance de la pérennité de la culture urbaine dans la région de Dakar n’est pas négligeable. En effet, selon Demba Sow, «Dakar ce n’est pas que les bâtiments, Dakar est agricole», la population du Sénégal est nourrie jusqu’à 30 % par ce qui se produit au niveau des Niayes. Or les inégalités sociales, qui règnent dans la zone périurbaine, font qu’un enfant sur deux arrive à l’école le ventre vide. De plus, les 3 000 exploitations agricoles de la ville sont menacées par sa démographie galopante qui engendre une urbanisation dangereuse et extrêmement rapide. Il apparaît donc important de «renforcer la résilience des populations en situation de vulnérabilités alimentaire dans la zone
périurbaine de Dakar». Le projet Sadmad s’est au moins engagé à essayer.

Source:  Baptiste MADINIER - www.lequotidien.sn

 

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