17 septembre 2013

Les consommateurs préoccupés par une éventuelle hausse du prix du pain Featured

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Les consuméristes ont leur point de vue sur la hausse éventuelle du prix  du pain après celle de la farine. Si pour l’Ascosen, le prix du pain est surévalué, du côté de CICODEV.

Les consuméristes ont leur point de vue sur la hausse éventuelle du prix  du pain après celle de la farine. Si pour l’Ascosen, le prix du pain est surévalué, du côté de Cicodev, on estime que les boulangers ont bon dos. Cette structure parle plutôt d’entente entre les meuniers et demande à la Cellule nationale de la concurrence de s’autosaisir.

 
« Nous sommes contre toute augmentation, d’où qu’elle vienne », a réagi Momar Ndao de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) à propos de la hausse annoncée, par les boulangers, du prix du pain, après de la farine. Selon M. Ndao, il n’y a rien de nouveau puisque le prix de la tonne de farine est à son niveau d’avant la hausse du « kilo » de pain à 175 FCfa. Il soutient que le prix de la farine a baissé avant, sans que, les boulangers ne le répercutent sur le prix du pain. Momar Ndao estime que tout se fait au détriment du consommateur et que le pain devait d’ailleurs coûter moins cher. D’après lui, si la miche coûte 175 FCfa, la moitié devait revenir au consommateur à 87,5 FCfa. Malheureusement, elle est proposée à 100 FCfa, soutient-il. En plus, poursuit-il, la miche, qui devait peser un kilogramme, est officiellement de 210g et réellement de 190g.
 
Momar Ndao pense qu’il y a une surévaluation de 20% du pain. Il indexe aussi les boulangers qui, selon lui, créent divers postes ne correspondant pas à la réalité des dépenses. Il range, dans cette catégorie, les congés payés, le remboursement de véhicules, le prix du gasoil, entre autres. Le consumériste rappelle aussi le décret 2004-102 de 2004 portant notamment sur l’interdiction d’intermédiaires dans la distribution du pain. A l’en croire, leur présence augmente de 25 FCfa le prix du pain.

Sortir de la tyrannie du blé
 
Pour sa part, Amadou Kanouté de l’institut panafricain pour la Citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev), estime qu’il faut trouver des solutions pour éviter la hausse du prix du pain. Toutefois, il pense que les boulangers se trouvent entre le marteau des meuniers et l’enclume des consommateurs. De son point de vue, il faut revoir, au fond, la question du pain puisque son prix est homologué alors que celui de la farine ne l’est pas.  « Les consommateurs ne voient que le boulanger et non ce qui est derrière, c'est-à-dire les meuniers », soutient M. Kanouté. Il rappelle que les boulangers font du service public en s’occupant de la distribution du pain et qu’ils souhaitent aussi que l’Etat lève la Tva. A son avis, il y a une entente entre les meuniers sur le prix de la farine. Ce qui, selon lui, fausse la concurrence qui devait occasionner la baisse des prix de la farine.

Pour ce qui est des solutions, Amadou Kanouté estime que le gouvernement doit se lancer sur deux pistes.  Sur le court terme, il se base sur l’article 10 de la loi n°94-63 du 22 août 1994 relatif aux prix, la concurrence et le contentieux économique, et invite la Cellule nationale de la concurrence à s’autosaisir « pour plus de transparence au niveau des meuniers ».
 
Des unités mobiles de fabrication
 
Sur le long terme, Amadou Kanouté recommande de sortir de la tyrannie du blé. A cet effet, il rappelle les résultats de l’Institut sénégalais de la recherche agricole (Isra) sur la culture du blé au Sénégal pour inviter les autorités à booster cette spéculation en subventionnant les agriculteurs. Ce qui aidera le Sénégal à ne plus dépendre du marché international.
Toujours dans le cadre des solutions, M. Kanouté a rappelé le Conseil des ministres du 2 novembre 2007 qui a retenu, entre autres mesures, de « renforcer les capacités et les moyens d’investigation et de surveillance des administrations chargées de la mise en œuvre de la politique de concurrence, de consommation et de distribution ».
 
Parmi les mesures, il a aussi été retenu de procéder à l’audit complet des comptes et des conditions de formation des prix du pain. Il y a aussi la mise à disposition, dans les quartiers, d’unités mobiles de fabrication du pain pour un allégement des coûts de production et de distribution ainsi que l’amélioration sensible de la compétitivité.
 
Aly DIOUF, Le Soleil Online, Le 12 January 2013

 

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