18 mars 2015

Le Sénégal intéressé par l’expérience du Partenariat public-privé du Kenya Featured

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Le Sénégal veut s’inspirer du succès du Partenariat public-privé (Ppp) du Kenya. Ce pays a, en effet, réussi..

 

17 Mars 2015 - Le Sénégal veut s’inspirer du succès du Partenariat public-privé (Ppp) du Kenya. Ce pays a, en effet, réussi à intégrer son privé dans le système de santé. En mission à Nairobi, des médecins du public et du privé ont beaucoup appris des institutions de santé et de la Banque mondiale de l’expérience kenyane en matière de Ppp.
(Nairobi) - Les autorités sanitaires du Sénégal veulent améliorer leur collaboration avec le secteur privé de la santé. Ainsi, le ministère de la Santé est engagé à développer le Partenariat public-privé (Ppp) qui a connu un succès dans certains pays d’Afrique comme le Kenya. C’est dans ce cadre qu’il a proposé un voyage d’études dans ce pays, sous la direction de l’Initiative de la santé en Afrique (Hia). La délégation, conduite par Mme Khoudia Mbaye, ministre de la Promotion des investissements et du Développement des téléservices, et Mme Hawa Dia Thiam, présidente de la Commission santé de l’Assemblée nationale, a été reçue par le ministre de la Santé du Kenya, James Macharia.
Les deux parties ont passé en revue les points faibles et forts de leurs systèmes de santé. Cependant, la question sur le Ppp a été plus développée. M. Macharia a déclaré que, dans son pays, la santé est un droit, qu’on soit riche ou pauvre. « C’est pour cela que, depuis des années, nous nous efforçons que l’accès soit accessible aux populations réparties dans les 47 régions que compte le pays », a-t-il révélé. Pour réussir cette politique de santé pour tous, le ministère de la Santé a intégré le privé dans le système. Ce qui fait aujourd’hui que le Ppp est l’un des points forts du système de santé kenyan.
Selon le ministre kenyan de la Santé, le gouvernement, avec l’appui de la Banque mondiale, finance les entreprises privées de la santé qui, en contrepartie, acceptent de baisser les tarifs appliqués aux malades. « D’ailleurs, nous avons accepté, avec le soutien des partenaires financiers, de mobiliser 500 millions de dollars pour équiper des structures privées de la santé », a indiqué James Macharia tout en faisant savoir que le Ppp se porte bien. « Il sera renforcé par une nouvelle loi qui sera votée prochainement à l’Assemblée nationale ».
Les propos de James Macharia ont été confirmés, dans la soirée, par le président de la Fédération kenyane de la santé. Dr Amit N. Thakker a révélé que le gouvernement et les médecins du privé ont mis en place un partenariat gagnant-gagnant. « Quand un médecin du privé a un programme, il peut le soumettre à l’Etat qui finance ou facilite son financement. En contrepartie, ce dernier s’engage à réduire les prestations fournies aux populations », a-t-il indiqué.
En plus de ce financement, des fora sont organisés pour renforcer le dialogue. Ils sont parfois présidés par le président de la République. Après avoir écouté attentivement son collègue, le ministre sénégalais de la Promotion des investissements et du Développement des téléservices, Mme Khoudia Mbaye, représentant le Pr Awa Marie Coll Seck, ministre de la Santé du Sénégal, a rendu hommage aux autorités kenyanes d’avoir réussi à intégrer le privé. Elle a rappelé que les autorités sénégalaises sont aussi engagées à développer le Ppp et le partenariat entre les Etats africains pour partager leurs expériences. Le Ppp est important pour un pays comme le Sénégal qui a besoin d’améliorer les offres de d’accès aux soins, de relever les plateaux techniques des structures de santé, mais surtout de doter les établissements de santé d’infrastructures. « Ce genre de missions va permettre à l’Etat de trouver les moyens d’appuyer le secteur public à mieux jouer son rôle en offrant plus de soins aux populations et à moindre coût. C’est pourquoi nous sommes venus apprendre de l’expérience kenyane qui a un secteur privé qui joue un rôle important dans l’accès aux soins des populations », a soutenu Mme Mbaye.
Pour le responsable du programme Initiative de la santé en Afrique, le Pr Khama Rogo, cette visite aidera le Sénégal à investir davantage dans le secteur privé de la santé et exiger les médecins à respecter les normes de la qualité. Il a demandé aux gouvernements africains de faire des plaidoyers auprès des institutions pour que le privé accède aux crédits.

Le Sénégal félicité pour avoir vaincu et maitrisé Ebola
La maladie à virus Ebola, malgré la baisse des cas, continue de faire peur. Le ministre de la Santé du Kenya, James Macharia, qui a reçu, hier, dans ses locaux, la délégation sénégalaise, a rendu un vibrant hommage au Sénégal pour avoir traité, guéri et maitrisé le seul cas d’Ebola enregistré sur son territoire, alors qu’il partage des frontières avec l’un des pays les plus touchés par l’épidémie. « Je vous félicite, parce que même les pays développés ont enregistré des pertes. Cela veut dire que vous avez aussi un système de santé performant, et cette visite me permettra d’apprendre de vous », a-t-il lancé.
Dr Abdoulaye Bousso, coordonnateur du Centre des opérations d’urgence sanitaires, a présenté le système de santé sénégalais, notamment le plan de riposte contre Ebola. Après avoir suivi cette présentation, le ministre s’est dit impressionné par les performances obtenues par le Sénégal en matière de lutte contre la mortalité-infanto juvénile et maternelle, mais surtout le bond enregistré dans la planification familiale, le faible taux de Vih-Sida, entre autres. « Vous êtes l’un des rares pays à gagner autant de points en matière de planification familiale et à réduire, de manière significative, la mortalité infantile. Comment avez-vous fait ? » a-t-il demandé.
Dr Lam Toro Mamadou Seck, de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna), s’est chargé de lui expliquer les stratégies mises en place au Sénégal. Elles ont été notées par le ministre de la Santé du Kenya qui s’est réjoui du partage d’expériences.

ACCES AUX SOINS : Le Kenya enregistre un taux de Couverture maladie universelle de 50 %
La délégation sénégalaise s’est aussi rendue à l’imposant bâtiment du Fonds national pour l’assurance maladie du Kenya. L’équivalent de l’Agence pour la Couverture maladie universelle (Cmu) au Sénégal. Les membres de la délégation ont été reçus par le directeur général, Simeon Ole Kingotty, qui a laissé le soin à une de ses collaboratrices de présenter les performances de cette institution. Elle a révélé que le taux de la Cmu au Kenya est de 50 %. A l’en croire, 5,6 millions de personnes, notamment des travailleurs du secteur formel et informel, sont inscrits au Fonds national pour l’assurance maladie. Le fonds a fait bénéficier des soins à 22 millions de membres et leurs familles sur les 47 millions d’habitants de la République du Kenya. L’objectif de ce Fonds est de recruter, d’ici à la fin de l’année, 5 millions de personnes pour atteindre 75 % de Cmu. La collaboratrice a également donné à la délégation sénégalaise tous les mécanismes qui ont permis au Fonds créé en 1998 de convaincre les populations kenyanes à s’inscrire dans l’institution, alors qu’elles sont en bonne santé.
Selon Simeon Ole Kingotty, le Kenya a hérité la Cmu du colon. « Mais nous avons élargi et amélioré cette politique en demandant à toutes les populations, pauvres comme riches, de s’inscrire et de bénéficier des soins dans toutes les structures de santé du public. D’ailleurs, nous allons poursuivre le recrutement, parce que le Kenya compte 9 millions de pauvres qui ont aussi droit à la santé », a-t-il déclaré. Une bonne expérience pour le Sénégal qui s’est lancé dans cette voie avec la Cmu.

Source: http://www.lesoleil.sn
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